Mardi 28 Novembre 2017 - 08:30

Popularisée par les films de l’Américaine Esther Williams, la natation artistique est à nouveau sur le devant de la scène. Entre le documentaire de Jérémie Battaglia sur l’équipe canadienne (« Parfaites »), celui de Thomas Symonds (« Immergées ») sur le duo olympique tricolore composé de Laura Augé et Margaux Chrétien et le film de Gilles Lellouche « Le Grand Bain », qui doit paraître sur les écrans dans le courant de l’année 2018, la natation artistique fait « de nouveau » son cinéma. Et si, pour certains, l’objectif est de rompre avec les préjugés en insistant sur l’effort physique, pour d’autres, il s’agit avant tout de montrer que ce sport-spectacle peut être accessible au plus grand nombre. Mais qu’importe, tant que la discipline profite de ces œuvres pour accroître son audience.

Si la natation artistique est un sport reconnu dans le monde entier et présent au programme des Jeux Olympiques depuis Los Angeles en 1984, c’est aussi une discipline qui a été grandement popularisée par le cinéma et notamment « la sirène d’Hollywood », Esther Williams. Championne des États-Unis du 100 m nage libre en 1939, elle s’est très vite rendue à Hollywood pour réaliser des ballets aquatiques. Dans « Le Bal des sirènes » ou « La Première Sirène », Esther Williams s’illustre dans des scènes aquatiques époustouflantes qui lui imposent de nombreuses séances de préparation physique. Plus récemment, l’actrice américaine Scarlett Johannson a interprété le rôle d’une naïade dans le film des frères Coen, « Avé Cesar ». Et si tous ces films ont contribué à l’essor de la natation artistique, le cinéma semble de nouveau enclin à donner le premier rôle à cette discipline qui associe performance sportive et spectacle.

Image extraite du documentaire de Thomas Symonds, « Immergées » (D. R.).

En 2017, Jérémie Battaglia, un Franco-canadien de 34 ans, a ainsi réalisé le film « Parfaites », documentaire d’une heure et quart qui plonge le spectateur dans l’intimité de l’équipe canadienne de natation artistique. Dans le même esprit, l’ancien nageur tricolore Thomas Symonds a suivi Laura Augé et Margaux Chrétien, le duo qui a représenté la France aux Jeux Olympiques de Rio, d’octobre 2015 à mars 2017. Une aventure dont il tirera un documentaire intitulé « Immergées ». Deux longs métrages qui permettent d’appréhender au plus près la performance physique des nageuses synchro. Enfin, en 2018, l’acteur et réalisateur Gilles Lellouche mettra à l’affiche son film intitulé « Le Grand Bain ». Le scénario est aussi limpide que l’eau d’une piscine : « C’est l’histoire d’un homme dépressif d’une quarantaine d’années qui retrouve un sens à sa vie en rejoignant une équipe de natation artistique masculine ». Des histoires et des mises en scène bien différentes, mais qui poursuivent un seul et même objectif : parler de natation artistique ! « J’espère que cela va permettre de populariser notre sport », abonde Marie Annequin, capitaine de l’équipe de France de natation artistique, qui a participé au tournage de la comédie de Lellouche en coachant Guillaume Canet, Benoit Poelvoorde et consorts. « Il y en a eu des films qui traitaient de synchro, mais pas toujours de manière très positive. Alors si le film de Gilles Lellouche permet de mettre en scène des personnalités afin que le grand public s’identifie aux personnages, c’est une excellente nouvelle. D’autant qu’il existe également des documentaires qui mettent davantage en avant la performance sportive. C’est important que les deux aient une visibilité pour que les gens comprennent vraiment notre discipline. »

Laura Augé et Margaux Chrétien, duettistes de l'équipe de France engagées aux Jeux de Rio, sont au coeur du documentaire de Thomas Symonds « Immergées » (KMSP/Stéphane Kempinaire).

Jérémie Battaglia, réalisateur du film « Parfaites », n’avait, lui-même, pas bien saisi cette dualité qui rend ce sport unique. « J’avoue que je ne considérais pas la natation artistique comme une discipline sportive », reconnaissait-il dans un entretien paru dans le Natation Magazine de juin-juillet 2017. « Pour moi, c’était juste du spectacle. Comme pour beaucoup de personnes, je pense. Mais un soir en 2012, j’ai discuté longuement avec une amie, Isabelle Lecompte, qui venait d’être nommée manager de l’équipe canadienne. Elle m’a parlé de ce sport très dur, de toutes ces heures d’entraînement, des blessures, de l’admiration qu’elle portait aux nageuses, à leur courage, à leur force, à leur détermination… Je n’en revenais pas. J’étais à mille lieux d’imaginer ça. Grâce à cette aventure, j’ai perdu tous mes préjugés. Moi qui, encore une fois, ai été élevé dans un monde plutôt « intello » qui considérait très peu le sport, j’ai découvert que le sport en général – et le sport de haut niveau en particulier - véhicule de belles valeurs. J’ai pu apprécier aussi la dichotomie de la synchro qui allie et oppose la beauté de ces jeunes femmes et la dureté d’un sport très exigeant. » Une surprise qu’a également eu Gilles Lellouche et l’ensemble des acteurs du film. « En nous voyant, ils ont été étonnés de l’effort et de la rigueur que ce sport réclamait », confirme Marie Annequin. « C’est une excellente chose de pouvoir montrer notre discipline à des gens qui ont une voix qui porte dans la société française. » Et c’est sans doute parce que ce sport surprend et allie si bien la grâce et la beauté à l’effort physique, qu’il est aujourd’hui mis en lumière et en image pour le cinéma.

« Sous l’eau, c’est un bazar pas possible et hors de l’eau, elles sont parfaitement symétriques. Tout cela crée un ordre dans le chaos et esthétiquement, c’est très beau. » (Thomas Symonds, réalisateur du documentaire « Immergées » (D. R.).

« Le sport, c’est toujours impressionnant et ça permet d’avoir une esthétique particulière », ajoute Thomas Symonds, réalisateur du documentaire « Immergées ». « C’est très à la mode et notamment la natation artistique qui est à l’honneur dans de nombreux spectacles à Las Vegas comme « Le Rêve », qui est le premier show permanent à avoir eu lieu au casino Wynn. Malgré tout, c’est une discipline qui est difficile à filmer et à sublimer à l’écran parce que de nombreuses choses se passent sous l’eau et échappent au regard du spectateur. Pour ma part, j’ai tenu absolument à ce qu’il y ait des images sous-marines dans mon documentaire. Je les ai réalisées tout seul en allant sous l’eau avec ma caméra. C’était un véritable effort physique et ça m’a beaucoup plu. J’ai découvert une autre facette de cette discipline. Sous l’eau, c’est un bazar pas possible et hors de l’eau, elles sont parfaitement symétriques. Tout cela crée un ordre dans le chaos et esthétiquement, c’est très beau. » Et si Thomas Symonds a réalisé son documentaire tout seul avec sa caméra comme unique alliée, l’équipe du « Grand Bain » a déployé de grands moyens. « Le dispositif était impressionnant », sourit Marie Annequin, enchantée d’avoir participé à pareille aventure. « C’est un sport qui est très dur à filmer et il y avait beaucoup de caméras pour capturer tous ces instants et sublimer les prestations des acteurs. La dernière scène est vraiment incroyable, à l’image des films de danse où la chorégraphie finale est impressionnante. » Mais peu importe les moyens mis en œuvre et l’angle choisi par les différents réalisateurs, tant que leur objectif commun est atteint : permettre au plus grand nombre de découvrir ce sport-spectacle, aussi agréable à regarder qu’exigeant à pratiquer.

Sujet réalisé par J. C.

 

 « PARFAITES » de jérémie battaglia

Qui n’a jamais eu de préjugés méprisants sur la natation artistique ? Pourtant, derrière les paillettes, la gélatine et les grands sourires se cache un sport où se mélange le culte de la beauté et de la performance ainsi que des exigences athlétiques qui dépassent les limites de l’imaginable. « Parfaites » retrace le parcours émouvant et inspirant de Claudia, Marie-Lou et toute l’équipe nationale canadienne qui les mènera jusqu’aux qualifications olympiques à Rio de Janeiro. Face aux nombreux sacrifices et aux défis à relever, réussiront-elles à concrétiser leur rêve ? Et à quel prix ?

(D. R.)

 « LE GRAND BAIN » de gilles lellouche

Bertrand, la quarantaine, dépressif, retrouve un sens à sa vie en rejoignant une équipe de natation artistique masculine. Pour chacun des membres, les entraînements sont une soupape et un refuge. Ensemble ils se sentent plus forts, et ils vont se lancer dans un pari fou : participer aux championnats du monde de natation artistique masculine. Alors oui, c’est une idée qui peut paraître surprenante, voire même complètement folle, mais elle les fera renouer avec l’envie de vivre…

(D. R.)

Le saviez-vous ?

Le water-polo a été le premier sport collectif français champion olympique à Paris en 1924. Les Bleus ont battu la Belgique en finale (3-0).
Environ, 6 400 bassins existent en France, 650 bassins sont certifiés FFN
12,7 millions de français pratiquent la natation en loisir
Les relais mixtes apparaissent pour la 1ère fois en compétition officielle lors des champ. d’Europe de Chartres en petit bassin (2012)
Le plongeon tricolore n’a ramené qu’une médaille olympique. C’était Mady Moreau en 1952 à Helsinki, qui a terminé deuxième du tremplin à 3 m
Le plongeon a intégré le programme olympique dès les Jeux Saint-Louis en 1904
Les premiers championnats du monde de natation se sont disputés en 1973 à Belgrade
Jean Boiteux a remporté le premier titre olympique de la natation française aux Jeux d’Helsinki de 1952  avec 400 m nage libre en 4’30’’07
Pour la première fois il y aura une épreuve de duo mixte en natation synchronisée aux championnats du Monde 2015
La FINA inaugure les épreuves des duos mixtes en natation synchronisée lors des championnats du monde de 2015 à Kazan.
Les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 sont les premiers depuis Munich en 1972 à se dérouler sans aucun boycott.
L’eau libre a fait son apparition aux J.O. en 2008. Seul le 10 km figure, au programme de la plus grande compétition planétaire
Les championnats du monde de Barcelone en 2013 sont les premiers à avoir accueilli des épreuves de High Diving

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