Mardi 1 Août 2017 - 16:30

Aux championnats du monde de Budapest, le plongeon français est entré dans l’histoire en décrochant sa première médaille internationale. En décrochant l’or du Team Event, Laura Marino et Matthieu Rosset ont prouvé que cette équipe pouvait surmonter tous les obstacles. Noël Porcu, responsable de la discipline à la FFN, dresse forcément un bilan positif de ces Mondiaux hongrois.

Le plongeon français a réalisé des championnats du monde historique en décrochant ce premier titre mondial. Que retenez-vous de cette compétition ?

C’est plus que satisfaisant. Ce titre de champion du monde était espéré, Laura et Matthieu l’ont obtenu et c’est historique pour le plongeon français. C’est une excellente chose. Ils ont vraiment assuré et ils ont mérité leur victoire. C’est une immense satisfaction.

Le titre était-il réellement envisageable ?

Après le titre de champion d’Europe obtenu à Kiev mi-juin, nous savions que la porte était ouverte et qu’une médaille était accessible. En observant les autres nations engagées, le podium était vraiment envisageable. Mais le titre, c’est fou, c’est l’apothéose.

Avez-vous eu quelques inquiétudes après les épreuves individuelles de Laura (19ème des éliminatoires du 10 m) et Matthieu (15ème des éliminatoires du 1 m) ?

Pas vraiment. Ce sont deux individualités très fortes et solides mentalement. Techniquement, nous savions qu’ils étaient prêts et qu’ils avaient les armes pour réaliser quelque chose de bien. J’étais même plutôt confiant. Suite aux éliminatoires de Laura à 10 m (19ème place), Alexis (Coquet, son entraîneur) a corrigé certaines choses pour affiner la technique en vue du Team Event. Et puis je pense qu’ils forment un excellent duo. Ils se motivent et sont en symbioses. Plonger à deux les tirent vers le haut.

Photo : KMSP/Stéphane Kempinaire

Est-ce vraiment l’esprit d’équipe qui leur permet de se transcender ?

Ils ont deux manières totalement différentes d’aborder et de vivre le concours mais ils se transcendent à chaque plongeon. C’est un duo qui est fort et ils arrivent à sortir de jolies choses en équipe.

À quel moment du concours avez-vous commencer à croire sérieusement au titre mondial ?

Au moment où Laura réalise son triple et demi retourné noté à 9, c’était incroyable et sans plier le concours complétement, je savais qu’un podium était quasiment assuré. Derrière Matthieu a été solide dans ces plongeons et j’ai commencé à me dire que le titre était accessible.

Cette équipe, après toutes les médailles européennes, est entrée dans l’histoire du plongeon tricolore avec ce titre. Comment expliquez-vous cette réussite ?

Le travail réalisé par Gilles Emptoz-Lacôte a été formidable et porte actuellement ses fruits. Matthieu a longtemps été la tête d’affiche du plongeon tricolore avec toutes ses médailles européennes. Ensuite, Benjamin a réalisé de grandes performances depuis les Mondiaux de Kazan en 2015. Laura a été vice-championne d’Europe du 10 m à Rostock en 2015. Je ne sais pas où ils s’arrêteront mais nous allons essayer de les accompagner du mieux possible jusqu’aux Jeux Olympiques de Tokyo pour qu’ils continuent à performer dans les trois années à venir. Il y a eu beaucoup de travail de la part des athlètes et des techniciens, d’autant que nous ne disposons pas de conditions d’entraînement optimales et des équipements dignes de ce nom. Nous sommes toujours obligés d’optimiser au maximum nos outils de travail. Réussir dans ces conditions, c’est un authentique exploit et je leur tire mon chapeau.

Noël Porcu, le responsable du plongeon à la Fédération Française de Natation (Photo : KMSP/Stéphane Kempinaire)

Pour revenir sur les individualités, pensez-vous que le départ de Laura à Strasbourg lui a été bénéfique ?

Je pense que sa décision a été la bonne. Alexis a su être à l’écoute. Il a appris à mieux la connaître et il a cette capacité à percevoir les athlètes et à les accompagner. C’est un très bon technicien et un excellent entraîneur. Il réussit à chaque fois à tirer la quintessence de ses athlètes. Laura et Alexis forme un beau duo. D’autant qu’elle a eu une année compliquée et elle a dû terminer ses études de kiné, mais il a su lui redonner confiance et elle prend de nouveau du plaisir. Elle a envie de plonger et c’est très satisfaisant. Nous retrouvons petit à petit la Laura de 2015.

Benjamin a, quant à lui, pris la septième place du concours à 10 m. Est-ce une petite déception compte tenu de son année olympique et de son titre de champion d’Europe obtenu il y a quelques semaines ?

Benjamin a également eu une année compliquée parce qu’il a atteint son apogée à Rio l’année dernière et il a dû s’engager dans un nouveau cycle. Il a été blessé et a mis l’accent sur sa scolarité. Mais il réalise une excellente saison avec des résultats encourageants lors des World Series et ce titre européen à Kiev mi-juin. Nous sommes satisfaits et je pense que lui aussi. Il est dans le Top 8 mondial pour la troisième année consécutive. Le prochain objectif, en vue des JO, est d’augmenter sa série avec des plongeons plus difficiles. Pour cela, il va falloir bien travailler physiquement.

Ne pensez-vous pas qu’il a besoin de digérer les trois dernières années qu’il vient de vivre ?

Je pense qu’il a digérer tout ce qu’il a vécu et il sait où il veut aller. Rien n’est acquis, mais il se donne les moyens de progresser encore. Il a un mental d’acier et c’est un combattant.

Benjamin Auffret lors du concours à 10 m aux Mondiaux de Budapest. (Photo KMSP/Stéphane Kempinaire)

Outre les trois plongeurs phares de l’équipe de France, Loïs Szymczak a disputé ses premiers championnats du monde. Qu’avez-vous pensé de sa performance ?

Je pense que le groupe l’a vraiment tiré vers le haut. Il est encore jeune et dispose d’un véritable potentiel. Il doit encore stabiliser ses exécutions dans un contexte international relevé. Il a encore beaucoup de marge techniquement et il doit reproduire ce qu’il réalise à l’entraînement avec la pression d’une grande compétition. Je pense qu’il en est réellement capable.

Mis à part Loïs, nous n’avons pas vu d’autres jeunes tricolores intégrer cette équipe. Est-ce embêtant à trois ans des Jeux Olympiques de Tokyo ?

C’est sûr que plus tôt nos jeunes mettront un pied dans ce contexte mondial, mieux ce sera dans l’optique de Tokyo. Mais nous disposons de plongeurs prometteurs qui doivent encore travailler très dur pour réussir à s’exprimer au meilleur niveau. Je ne me fais pas de souci, parce qu’ils sont bien encadrés et s’engagent à 300% dans leur pratique. Il n’y a pas de raison pour que ça ne marche pas dans les années à venir.

Pensez-vous que toutes ces médailles et ce titre mondial peut donner envie à des jeunes de s’inscrire au plongeon et susciter des vocations ?

J’espère, même si nous sommes limités par les équipements et le nombre d’éducateurs. Nous avons de la demande mais nous ne sommes pas toujours en mesure d’y répondre. J’espère que nous arriverons à faire évoluer les mentalités et à structurer notre politique de développement, en profitant du nouvel équipement aquatique si Paris obtient les Jeux Olympiques de 2024.

Recueilli à Budapest par J. C.

Loïs Szymczak. (Photo : KMSP/Stéphane Kempinaire)

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