Mercredi 29 Mars 2017 - 09:45

Sur proposition de Patrick Kanner,  Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et de Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports, Fabien Gilot, a été nommé Président du Conseil national du sport le mardi 28 mars. Champion olympique avec le relais 4x100 m nage libre aux Jeux de Londres et capitaine de l’équipe de France de natation course de 2014 à 2016, le natif de Denain aura la tâche de mener une réflexion globale sur le fonctionnement du sport français. Un rôle qu’il entend également mener au sein de la Fédération Française de Natation.

Comment se passe ton année post-olympique ?

Très bien. Je suis en pleine reconversion. C’est une nouvelle vie qui commence, toute aussi excitante que la précédente. Bien sûr, il y a un nouveau rythme à prendre car jusqu’alors mes journées étaient réglées par les entraînements. Aujourd’hui, je me rends compte que mes intérêts personnels vont réguler mon quotidien, donc il faut prendre le rythme.

Es-tu surpris par le nombre de sollicitations qui ont accompagné la fin de ta carrière ?

Tout au long de ma carrière, j’ai montré que j’étais capable de prendre la parole et de m’investir pour un collectif. Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’empathie, qui ne joue pas sa carte personnelle et qui fait en sorte de faire avancer les choses sans se concentrer uniquement sur sa petite personne. C’est sans doute la raison pour laquelle le CNS et la FFN m’ont demandé de m’investir.

Quel rôle entends-tu jouer à la Fédération Française de Natation ?

L’année dernière, j’ai été l’un des instigateurs de la prime de 5 000 € allouée à tous les athlètes olympiques de la fédération. Dans cette même perspective, j’ai accepté de m’investir auprès de Francis Luyce afin de défendre les intérêts des nageurs. Le président m’a assuré qu’en cas de réélection, je disposerais des moyens nécessaires pour mettre mon savoir-faire au service de la natation tricolore. En France, nous avons des athlètes, des entraîneurs et des dirigeants très compétents, mais parfois il y a un manque de communication. Je pense que si quelqu’un parvient à faire le lien entre ces différentes entités, cela peut considérablement améliorer les conditions de performance. J’ai un discours du collectif, l’envie de m’investir, de rendre ce qui m’a été donné de vivre au plus haut niveau et une longue expérience. Tout cela peut me permettre de tenir ce rôle.

Qu’en est-il du CNS ?

Le Secrétaire d’Etat, Thierry Braillard, m’a parlé du Conseil national du sport. Il m’a demandé de réfléchir, de bien mesurer l’implication que cela pouvait représenter, tout en me témoignant de son entière confiance.

C’est extrêmement flatteur.

Je suis très honoré qu’il ait pensé à moi, très honoré d’œuvrer pour le sport français. A condition toutefois de disposer d’une certaine marge de manœuvre. Pour l’instant, je ne sais pas encore comment les choses vont se dérouler exactement, mais agir pour l’intérêt des sportifs n’en demeure pas moins très motivant.

As-tu eu besoin de réfléchir ?

J’ai pris une bonne semaine pour y penser, mais pas pour savoir si j’allais accepter, plutôt pour être certain d’avoir la disponibilité nécessaire afin d’agir correctement. Une fois que j’ai été certain de pouvoir m’investir, j’ai accepté parce qu’au-delà de la dimension honorifique, j’ai vraiment à cœur de faire avancer la cause du sport en France.

Combien de jours as-tu prévu de siéger au CNS ?

Nous sommes en train de fixer le planning de l’année. Pour l’instant, il y aura quelques grandes réunions à Paris, mais aussi beaucoup de travail à distance. En fonction de ma philosophie, des collèges seront organisés pour aborder les thèmes que mon équipe souhaitera défendre auprès du ministère des Sports.

Parce qu’il s’agit, il faut le rappeler, d’un conseil consultatif.

Le CNS soumet des dossiers au ministère des Sports. Mon rôle consistera surtout à vulgariser les thématiques abordées afin d’aller dans le sens du sport et des athlètes français.

As-tu déjà des idées ?

Je me sens plus que jamais concerné par la question de la reconversion. A cursus scolaire égal, un athlète de haut niveau est souvent quelqu’un de dynamique, d’entreprenant et de fédérateur. Des qualités précieuses pour une entreprise. A mon sens, il faut permettre à nos athlètes d’accéder à certaines sociétés et à des entrepreneurs pour proposer leur projet.

C’est en tout cas un thème propre à toutes les fédérations sportives.

On a parfois l’impression que les fédérations sont démunies face à cette question de la reconversion alors qu’il me semble qu’il y a des opportunités à créer. D’autant que les anciens athlètes peuvent apporter une plu value énorme dans une entreprise. Ils savent notamment se fondre et se montrer performant dans un collectif.

A titre personnel, as-tu vécu une période difficile à l’issue des Jeux Olympiques de Rio ?

Non parce que cela faisait déjà un certain temps que je préparais ma reconversion. Actuellement, j’interviens comme consultant auprès de différentes entreprises et je vais bientôt devenir agent général chez Axa. Pour être franc, j’ai même manqué de temps après les Jeux Olympiques. J’ai pris deux semaines de vacances et puis j’ai enchaîné tout de suite.  Mais c’est aussi bien car c’est un moment charnière dans une vie, une étape à ne pas rater et j’avais vraiment envie de repartir rapidement sur une nouvelle aventure.

Allons-nous te revoir au bord des bassins ?

Je ne compte pas tourner le dos à la natation, bien au contraire ! Vous me reverrez comme consultant avec Canal +. Je ne me vois pas apporter mon expertise et mon expérience au sein du CNS et ne pas le faire avec la natation, mon sport de prédilection.

La candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 a-t-elle compté dans ta réflexion au moment d’accepter la présidence du CNS ?

Il est certain que ma mission sera d’autant plus passionnante si Paris organise les Jeux de 2024, mais ça n’est pas vraiment rentré en ligne de compte. Comment ne pas accepter d’aider le sport français ?

Une fois que tu seras en première ligne, ne crains-tu pas une forme de récupération politique ?

Ma conviction, c’est que le sport est un parti politique. Je souhaite défendre les intérêts des athlètes, peu importe le gouvernement en place. Mais je crois que les politiques, quel que soit leur bord, ne s’appuient pas suffisamment sur les valeurs et les vertus du sport qui demeure une merveilleuse école de la vie.

Recueilli par A. C.

 

LE CONSEIL NATIONAL DU SPORT

Le CNS, créé en avril 2013, est une instance consultative placée auprès du ministre chargé des sports, composée de 60 membres, qui contribue au dialogue entre les acteurs et à la bonne coordination des politiques publiques en matière de sport.

 

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