Mercredi 6 Février 2019 - 14:45

Après le succès de la première édition qui a vu 4 800 nageurs participer aux cinq étapes de la tournée, la Fédération Française de Natation inaugurera le 15 janvier prochain le lancement de la seconde édition de l’EDF Aqua Challenge. Cette année, dix étapes figurent au programme d’un circuit qui ambitionne (toujours) de démocratiser la natation en milieu naturel. Présentation de l’événement en compagnie de Loïc Branda, ancien nageur de l’équipe de France d’eau libre et nouveau Coordonnateur opérationnel de la tournée.

Quelle est la philosophie de cette seconde édition ?

Elle est identique à celle de la première à la différence près qu’il s’agit, cette fois, de voir un peu plus grand en termes d’étapes et de couverture du territoire. Notre ambition consiste à rassembler le plus grand nombre de nageurs autour de l’eau libre. Le constat est le même que l’an passé : beaucoup de passionnés nagent dans les piscines, mais peu s’aventurent à l’extérieur. Ce sont ces gens-là que nous allons tenter de capter.

Le circuit de l’EDF Aqua Challenge reste donc axé sur le grand public.

Absolument ! Nous avons toujours à cœur de séduire le plus grand nombre autour d’événements ludiques et de sites remarquables. L’idée, c’est vraiment de célébrer la discipline à chaque étape tout en surfant sur les résultats enregistrés par l’équipe de France d’eau libre. L’idéal, comme l’année dernière, ce serait de pouvoir compter sur des athlètes du collectif national à chaque étape. Ce ne sera malheureusement pas toujours possible, mais si le grand public pouvait côtoyer d’un peu plus près nos champions, tout le monde aurait à y gagner.

Ce serait, en effet, une manière de créer du lien.

Le quotidien des nageurs de l’équipe de France est rythmé par les entraînements et les compétitions. Ils n’ont pas le temps d’aller à la rencontre du public. Avec l’EDF Aqua Challenge, ils disposeront dorénavant d’occasions uniques d’échanger avec leurs supporters.

Loïc Branda en compagnie de Marc-Antoine Olivier sur la plage de Nice à l'occasion de la "Prom' Swim" (HIEP Images).

Qu’en est-il de la dimension environnementale du circuit ?

Ces dernières années, le sport « outdoor » a explosé. On assiste à une prise de conscience générale : le grand public a envie de pratiquer une activité physique « propre ». L’eau libre s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Voilà également pourquoi nous avons tenu à développer une charte environnementale avec les organisateurs des différentes étapes du circuit afin de réduire notre impact sur le milieu naturel.

A titre plus personnel, qu’est-ce qui vous a donné envie d’assurer la coordination opérationnelle de cette tournée ?

Je suis un ancien nageur de l’équipe de France d’eau libre. J’ai arrêté en 2009 à l’issue des championnats du monde de Rome, mais je ne me suis jamais détourné de ma passion. J’ai organisé des stages. J’ai réalisé un DVD. Ces dernières années, j’ai constamment cherché à partager mon vécu. Au fil de ces expériences, je me suis progressivement concentré sur la dimension grand public de la discipline, jusqu’à organiser la « Prom’ Swim » à Nice, avec l’Olympic Nice, mon club formateur (l’événement a rassemblé en 2018 près de 1 200 nageurs, ndlr). A l’issue de la troisième étape de l’EDF Aqua Challenge 2018, la Fédération Française de Natation a sollicité mes compétences sur un circuit élargi. J’ai accepté. Pour moi, c’était un peu un « prêté pour un rendu ».

C’est-à-dire ?

La fédération m’a énormément apporté en tant qu’athlète. A mon tour de partager mon expérience de la discipline et de l’organisation.

Après l'arrêt de sa carrière de nageur d'eau libre au sein de l'équipe de France en 2009, Loïc Branda a mis son expérience et son vécu de la natation en milieu naturel au service de passionnés au travers notamment de stage destinés au grand public (Alex Bermond).

En vous écoutant, on a le sentiment que vous êtes très attaché à la notion de transmission.

L’eau libre n’a pas toujours connu pareil éclairage médiatique. La discipline a longtemps évolué dans une sphère confidentielle. Aujourd’hui, les résultats de l’équipe de France sont exceptionnels. Je sens bien à mon niveau que les Bleus attisent la curiosité. Les gens sont fascinés par les performances de nos champions. Je crois qu’il est important de faire fructifier ces résultats en donnant envie au plus grand nombre de se mettre à l’eau en lac, en rivière ou à la mer.

Quel regard portez-vous sur les performances des « petits jeunes » du collectif national ?

Déjà, ça me fait vraiment plaisir de les voir truster les podiums internationaux comme ils le font depuis plusieurs années. Ma génération a récolté quelques médailles, mais là, le travail réalisé par Stéphane Lecat (Directeur de la discipline à la FFN, ndlr) et l’ensemble de son staff a conduit les Bleus au sommet de la hiérarchie mondiale. C’est vraiment très impressionnant ! Ça prouve aussi que le sport tricolore est capable de très grandes choses. Bon, après, il ne faut pas se mentir, la génération actuelle est quand même exceptionnelle, un peu comme celle des Laure Manaudou et Alain Bernard en natation course.

Depuis les Euro de Berlin en 2014, l'équipe de France d'eau libre truste systématiquement les podiums internationaux, comme ce fut le cas notamment aux Mondiaux de Budapest en 2017 (KMSP/Stéphane Kempinaire).

Evoquons, à présent, le circuit en lui-même. En début de saison, l’appel à candidature lancé par la Fédération a rencontré un franc succès. Pouvez-vous nous en révéler davantage ?

Suite à cet appel à candidature, nous avons reçu dix-huit réponses ! Au final, dix étapes ont été retenues. Certaines existaient déjà, comme à Marseille ou Nice, par exemple, mais d’autres vont voir le jour, comme c’est le cas à Rouen, Cannes ou Toulouse. Les candidatures restantes n’ont toutefois pas été abandonnées. Nous avons choisi de les associer au circuit EDF Aqua Challenge en les labellisant.

Qu’est-ce que cela implique exactement ?

En plus des étapes de l’EDF Aqua Challenge, La Fédération va soutenir ces étapes « labellisées » en leur apportant un renfort logistique afin qu’elles se développent progressivement. A terme, quand le moment sera venu, il est prévu qu’elles intègrent le circuit « premium » de l’EDF Aqua Challenge. Reste, et il faut le souligner, que ce circuit est à géométrie variable. Rien n’est gravé dans le marbre. Dans deux ou trois ans, on peut tout à fait imaginer qu’il se compose de quinze étapes et que cela monte encore jusqu’à vingt afin de disposer d’une tournée répartie sur l’ensemble du territoire et sur une saison estivale élargie.

Après une première étape couronnée de succès dans le bassin de la Villette, l'EDF Aqua Challenge fera à nouveau escale à Paris les 14 et 15 septembre 2019 (FFN/Philippe Pongenty).

En termes d’affluence, quels sont les objectifs visés ?

Nous sommes encore dans une phase d’observation. Ce que nous savons, à l’heure actuelle, c’est que certaines étapes, à l’instar de Marseille notamment, mobilisent un large public (3 500 à 4 000 personnes participent chaque année au Défi Monte-Cristo, ndlr), alors que d’autres vont faire leur grand début cette année. Difficile dans ces conditions d’avancer des chiffres précis. L’an passé, la participation avoisinait les 4 800 nageurs. Cette année, nous espérons faire mieux que doubler. Pour cela, nous comptons sur la licence unique inaugurée l’an passé par la Fédération Française de Natation. Cette licence coûte 10€ et permet de participer à toutes les épreuves d’eau libre que ce soit celles de l’EDF Aqua Challenge, celles de la Coupe de France d’eau libre ou des échéances locales ou régionales. C’est un outil formidable qui doit nous permettre d’inscrire durablement l’eau libre dans le paysage sportif français.

Recueilli par Adrien Cadot

L’EDF AQUA CHALLENGE 2019

Rouen (la Drakkar) - 08-09 juin 2019

Cannes (EDF Aqua Challenge Cannes) - 16 juin 2019

Marseille (le Défi Monte-Cristo) - 21-23 juin 2019

Bordeaux (la Traversée de Bordeaux à la Nage) - 23 juin 2019

Toulouse (EDF Aqua Challenge Toulouse) - 30 juin 2019

Quiberon (les Défis Quiberonnais) - 27-28 juillet 2019

Annecy (la Traversée du Lac) - 15 aout 2019

Martigues (le Trophée Martigues–Etang de Berre) - 1er septembre 2019

Paris (EDF Aqua Challenge Paris) - 14-15 septembre 2019

Nice (la PromSwim) - 20-22 septembre 2019

A ces 10 étapes s’ajoutent les courses de Tahiti, Nantes, La Rochelle, Macon, Hossegor, Dunkerque, Sète et Millau qui seront labélisées EDF Aqua Challenge. Elles verront leurs organisateurs accompagnés par les services fédéraux dans un objectif de développement de leur évènement. Le grand coup d’envoi sera donné début juin à Rouen durant la Grande Armada 2019. Les nageurs se mêleront dans la Seine aux plus beaux voiliers du Monde !

Ouverture des inscriptions sur la plateforme à partir du mardi 15 janvier 2019 : www.ffneaulibre.fr

 

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