Aurélie Muller : « J’ai fait ce que j’ai voulu faire » | Fédération Française de Natation
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Jeudi 23 Mai 2019 - 18:45

L’avantage avec Aurélie Muller, c’est qu’elle n’est pas du genre à tourner autour du pot ou à pratiquer la langue de bois. La Sarregueminoise dit ce qu’elle pense et elle fait ce qu’elle dit. A Brive-la-Gaillarde, la nageuse de Philippe Lucas avait ainsi à cœur de se tester dans les conditions les plus proches de celles qu’elle retrouvera aux championnats du monde de Yeosu (12-18 juillet). C’était l’objectif affiché. Elle s’y est tenue en ajoutant de-ci de-là des accélérations aussi brusques que soudaines qui ne l’ont toutefois pas empêchées d’être distancée dans les derniers mètres du 10 km de la coupe d’Europe par l’Espagnole Paula Ruiz Bravo, la Néerlandaise et championne olympique Sharon van Rouwendaal ainsi que la Portugaise Angelica Andre. Rien d’inquiétant, cependant. Aurélie termine au pied du podium avec la conviction d’avoir réalisé une course pleine et entière. Reste maintenant à clore son année de reprise par un stage en Sierra Nevada avec l’équipe de France (début juin), où il sera bien temps alors de travailler l’endurance en vue du rendez-vous sud-coréen. Ça, c’est elle qui le dit. Sans détour.

Aurélie, raconte-nous ta course.

J’ai fait ce que j’avais en tête. J’ai lancé quelques accélérations pendant la course avant d’attaquer à la fin, mais bon (elle s’interrompt, esquisse un sourire avant de reprendre). Nous n’étions pas toutes à égalité car les deux filles devant avaient la combinaison en néoprène qui avantage quand même beaucoup. Malgré tout, je suis contente de ma course. C’était un beau 10 km.

Au-delà du résultat, quel était l’enjeu de cette coupe d’Europe ?

Il s’agissait surtout d’une course de travail pour nous (les Françaises Aurélie Muller et Lara Grangeon sont, en effet, déjà qualifiées pour les championnats du monde de Yeosu, ndlr). Il nous reste maintenant un mois et demi pour peaufiner notre préparation.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Pourquoi n’as-tu pas nagé en néoprène ?

En Corée du Sud, la combinaison néoprène ne sera pas autorisée. En venant ici (à Brive-la-Gaillarde), je voulais évoluer dans des conditions similaires.

Etait-il important de finir devant Lara Grangeon, l’autre tricolore engagée sur le 10 km des Mondiaux de Yeosu, sachant notamment qu’elle t’avait devancée à Eilat, fin mars ?

Non, pas vraiment ! Nous avons fait la course ensemble. On a toujours nagé dans le peloton de tête. J’espère même que l’on va pouvoir se qualifier toutes les deux pour les Jeux Olympiques de Tokyo (c’est en effet à Yeosu que les Françaises pourront décrocher leur ticket pour les JO de 2020, ndlr).

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Quelles ont été tes sensations dans l’eau ?

Comme je l’ai dit, c’était un gros 10 km. J’ai senti qu’il me manquait de l’énergie à la fin. Au final, je retiens que j’ai disputé un bon 9 000 kilomètres avant de pêcher un peu dans le dernier tour. C’est prometteur et ça fait plaisir, mais en eau libre chaque course est différente. La vérité d’aujourd’hui ne sera pas celle de cet été. En Corée, les conditions seront très différentes.

L’état de forme de la championne olympique Sharon van Rouwendaal (deuxième derrière l’Espagnole Paula Ruiz Bravo, ndlr) à un mois et demi des Mondiaux n’est-il pas préoccupant ?

Non, cela ne m’a pas étonné car je sais que Sharon adore la combinaison néoprène. C’est son élément et je savais que ça allait être difficile d’aller la chercher, comme l’Espagnole d’ailleurs, que j’ai trouvé très à l’aise pendant la course.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Qu’est-ce qui te manque aujourd’hui pour espérer conserver ton titre mondial acquis à Budapest en 2017 ?

Pas de la vitesse, mais plutôt de l’endurance. Il va falloir enchaîner les grosses séances de travail. C’est ce que nous allons faire pendant le stage en Sierra Nevada avec l’équipe de France en juin prochain.

N’est-ce pas frustrant de ne pas être encore tout à fait en mesure de rivaliser avec tes principales concurrentes ?

Non, absolument pas ! J’ai vraiment le sentiment d’avoir réalisé un très bon 9 000 kilomètres. J’ai fait ce que j’ai voulu faire. J’ai accéléré quand j’en avais envie. Pour moi, la qualité est au rendez-vous. Donc, non, je ne suis pas frustrée. Au contraire, je suis très contente de ma performance.

Recueilli à Brive-la-Gaillarde par A. C.

 

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