« Important de se montrer » | Fédération Française de Natation
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Jeudi 13 Février 2020 - 20:15

A l’avant-veille de la coupe du Monde 10 km eau libre de Doha (Qatar), l’équipe de France a pu découvrir le site de compétition afin d’apprivoiser une température de l’eau étonnamment fraîche (16,5°C) qui devrait rendre le port de la combinaison néoprène obligatoire en course. Marc-Antoine Olivier (Denain Natation Porte du Hainaut) nous livre ici ses impressions sur ce premier test international de l’année 2020 et décortique pour nous le déroulé de sa saison jusqu’à son objectif majeur : la médaille d’or olympique sur 10 km aux Jeux de Tokyo.

Qu’es-tu venu chercher à Doha ?

Les conditions ne sont pas celles que nous attendions en venant ici. Nous avions prévu de prendre des repères pour nous habituer à la chaleur en vue des Jeux et nous nous retrouvons avec une température de l’eau très fraîche, proche de celle que nous trouverons en Hongrie sur les championnats d’Europe en mai. Nous allons probablement devoir nager en combinaison néoprène, le résultat de la course ne sera pas forcément très significatif par rapport aux Jeux, même si c’est toujours intéressant de pouvoir se jauger sur une coupe du Monde à ce moment de la saison. On sait que la combinaison néoprène avantage certains athlètes et rend les choses un peu plus difficiles pour d’autres, l’étape de coupe du Monde des Seychelles, début mai, sera plus pertinente pour se jauger. Mais ça restera important de se montrer et de sentir les progrès dès samedi.

D’autant que quasiment toute la concurrence internationale est présente ici au Qatar.

Je le répète, les conditions de course n’auront rien à voir avec celles que nous rencontrerons à Tokyo. Je n’aurai pas nécessairement la même stratégie que si la course se déroulait en eau chaude, avec des combinaisons en tissu. Le néoprène ne m’avantage pas, même si je m’adapte de mieux en mieux au fil des courses. J’ai envie de voir ce que ça peut donner sur ce 10 bornes, j’ai envie de faire de belles choses.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Tu as déjà disputé des courses en eau libre cette saison, en novembre au Brésil sous la supervision de Stéphane Lecat. Quel était le sens de cette démarche ?

L’idée était déjà de disputer un dix kilomètre avec une bonne concurrence, quelques nageurs qualifiés aux Jeux, car nous n’aurons pas tant d’occasions que cela cette saison, nous allons vraiment privilégier l’entrainement avec Philippe (Lucas). Et puis les conditions étaient proches de celles que nous pourrions avoir à Tokyo. C’était important de se montrer, j’ai fait vraiment deux belles courses en finissant nettement détaché. C’était bien de lancer l’année olympique de cette manière, en montrant aux autres que j’étais fort.

C’était aussi l’occasion de tenter de nouvelles choses sur le plan stratégique ?

Non, la stratégie est toujours la même, elle est bien établie. On travaille dur à l’entraînement pour que, cette fois, elle fonctionne parfaitement pour aller chercher l’or olympique. Aux championnats du Monde à Gwangju (Corée du Sud), l’été dernier, la stratégie a fonctionné, je me suis qualifié aux Jeux, je fais une médaille d’argent, mais ça ne suffit pas pour gagner. Il faut donc travailler encore plus fort, sur mes qualités, mais aussi sur mes difficultés, ne rien laisser de côté, pour être prêt si besoin à tous les scénarios de course le jour J.

(FFN/Florian Lucas)

Sur quoi dois-tu travailler ces prochains mois pour parvenir à aller décrocher cette médaille d’or olympique ?

C’est d’abord travailler le fond. Les fins de course, les deux ou trois derniers kilomètres, c’est là où il faut être très fort. Et puis aussi travailler le sprint, pour avoir ce petit plus en toute fin de course, malgré la douleur, qui fait qu’on peut toucher devant. Tout cela passe par la régularité, tous les jours à l’entraînement.

En parlant de sprint, tu as amélioré de nombreux records personnels en bassin au mois de décembre.

J’ai amélioré tous mes records en bassin de 25 mètres, malgré mes difficultés en virages, c’est un indicateur positif. J’ai enchaîné avec un record de France sur 5 km indoor, fin janvier. Tous les voyants sont au vert, ça montre que le travail effectué est efficace, ça motive à poursuivre ainsi.

(FFN/Florian Lucas)

Quel va être ton programme après Doha ?

Je ne disputerai pas les championnats de France en bassin au mois d’avril. Il a été convenu avec Philippe de se focaliser sur l’entraînement à cette période. Peut-être que nous allons programmer une compétition supplémentaire sur 10 km en eau chaude, pour compenser l’eau froide rencontrée à Doha. Et puis nous allons avoir un stage très important aux Seychelles, fin avril, avec des sorties en mer, un gros travail avec le staff sur l’acclimatation et les différents protocoles que nous mettrons en place aux Jeux. Ça sera l’occasion de prendre un maximum de repères. En juin, nous aurons un stage en altitude en Sierra Nevada (Espagne), avant le stage terminal au Japon. Nous connaissons déjà tous ces lieux de stage sur l’expérience des années précédentes, on sait ce qui nous attend, on sait la nourriture que l’on va trouver, la qualité de l’hébergement, on connait l’encadrement qui sera sur place. Ce travail du staff de la Fédération Française de Natation réalisé en amont depuis plusieurs années, nous apporte beaucoup de sérénité dans la préparation.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Comment appréhendes-tu la perspective de l’échéance olympique ?

Avant d’aller à Rio en 2016, je me mettais la pression car je me demandais ce qu’étaient que les Jeux. Maintenant, je le sais ! Je pense que c’est un avantage, car une première expérience olympique est impressionnante. Je ne suis pas d’un naturel à stresser, mais la course de Rio est celle pour laquelle j’ai le plus stressé de ma carrière. C’est tellement énorme médiatiquement, il y a tellement d’attentes, tu le ressens très fort. Il y a énormément de distractions, tous les jours, tu croises des athlètes incroyables, on te propose d’aller voir d’autres disciplines, tu peux vite sortir de ta compétition. Moi, j’ai déjà vécu tout cela, je pense être capable de bien mieux le gérer. Je ne ressens donc pas de pression particulière, le travail effectué tout au long de la saison me donne beaucoup de confiance.

Recueilli à Doha par Florian Lucas

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