« De vraies conséquences » | Fédération Française de Natation
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Mercredi 18 Mars 2020 - 15:45

Après dix heures de voiture, Marc-Antoine Olivier, 23 ans, a rejoint la maison de ses parents dans le Nord de la France lundi dernier (16 mars). Une épopée à travers le pays que le double champion du monde 2017 qualifié depuis l’été dernier pour le 10 km des Jeux olympiques de Tokyo s’est infligé pour s’isoler dans la campagne nordiste et ne pas se retrouver coincé dans la cité montpelliéraine. Depuis le jardin de ses parents, l’élève de Philippe Lucas s’impose près de quatre heures de sport par jour pour garder la forme en espérant que la période de confinement ne s’éternise pas outre mesure.

Marco, où es-tu confiné ?

Lundi dernier, je suis remonté chez mes parents dans le Nord. Ils vivent à la campagne alors, franchement, c’est le mieux pour ne pas trop subir cette période de confinement. Et puis, j’ai la chance qu’ils aient un grand jardin dans lequel je peux m’entraîner. Il y a aussi une petite salle de musculation et mes voisins ont une petite piscine. Ça va me permettre de faire le strict minimum pour m’entretenir.

Il était encore question, lundi dernier, que le groupe de Philippe Lucas continue de s’entraîner à Montpellier, mais c’était avant que le gouvernement annonce le confinement de toute la population.

Lundi matin, le groupe s’est retrouvé presque normalement à la piscine, mais moi, j’avais déjà décidé de remonter dans le Nord pour me mettre au vert chez mes parents. Le reste du groupe a nagé quarante minutes avant que la piscine ne soit fermée.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Qu’est-ce qui t’a poussé à partir dès lundi matin ?

La semaine précédente et le week-end, j’ai reçu des messages de l’Armée (il est nageur au sein de l'Armée de champions qui regroupe des athlètes de haut niveau issus de différentes disciplines, ndlr) me préparant à cette période de confinement. Je me doutais qu’il faudrait à un moment ou à un autre se replier quelque part.

De quelle manière se projeter sur l’échéance olympique dans ces conditions ?

C’est sûr que ce n’est pas idéal, mais bon, c’est comme ça dans toute l’Europe et dans pas mal d’autres pays du monde. Aujourd’hui, les conditions sont les mêmes pour tout le monde. Il faut faire avec. Reste que l’objectif n’a pas changé…

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Comment ça ?

Le CIO n’a, pour l’instant, rien annoncé ! Je continue donc de m’entretenir en me disant qu’il faudra nager dans quatre mois et demi à Tokyo. C’est forcément plus difficile en tant que nageur d’eau libre car nous avons besoin d’enchaîner les kilomètres, mais bon, comme je viens de le dire, la situation est la même pour tout le monde. Le confinement impose des contraintes. Heureusement qu’en eau libre on a l’habitude de s’adapter…

C’est quelque chose qui t’aide ?

Complètement ! Dans ma discipline, les conditions ne sont jamais les mêmes. Il faut sans cesse trouver des solutions pour s’adapter. C’est véritablement une chance. Je pense que ça pourra me servir pendant cette période de confinement.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Tu nous parlais d’un jardin, d’une salle de musculation et d’une petite piscine, mais ça risque quand même d’être un peu léger pour une préparation olympique, non ?

Pour le moment, j’ai planifié ce que je pouvais faire chez mes parents avec l’aide du staff de l’équipe de France d’eau libre. Si le confinement se prolonge, ça va peut-être devenir plus compliqué, mais pour le moment, chez la chance d’être bien entouré. Je fais également confiance à Philippe (Lucas). Je sais qu’à la reprise, il nous fera nager très dur pour rattraper le temps perdu et conserver toutes nos chances de performer aux Jeux olympiques.

Concrètement, à quoi ressemble une de tes journées d’entraînement en période de confinement ?

Robin Pla et Stéphane Lecat m’ont concocté un programme en se basant sur mes heures de sport quotidiennes. Il s’agit d’entretenir le corps et de ne pas perdre le rythme pour éviter les blessures à la reprise. Je vais donc partir sur une base de deux heures de sport le matin et deux autres heures l’après-midi, sans compter les échauffements à sec et les étirements.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Ressens-tu le besoin d’occulter l’actualité du moment et de te fermer aux informations anxiogènes qui circulent ?

C’est vrai qu’entendre toute la journée parler du coronavirus, ça a de quoi plomber le moral. En même temps, le réseau à la campagne n’est pas dingue. Je crois qu’au final, ça va faire du bien de se couper du monde pour mieux rester concentré sur l’objectif de la saison. J’essaie de prendre tout ça du bon côté, de profiter de ce retour dans ma famille et de ces journées dans la maison de mon enfance.

Dans le journal l’Equipe d’hier (mardi 17 mars), le décathlonien Kevin Mayer a demandé un report des Jeux olympiques. Partages-tu sa requête ?

J’en ai entendu parler ! Mais bon, ce n’est pas à moi d’en décider. Le CIO suit l’évolution de l’épidémie. Si la tenue des Jeux n’est plus possible, ils prendront la décision qui s’impose. C’est sûr que le contexte n’est pas très favorable, mais comme je l’ai dit, c’est la même chose pour tous les athlètes. Pour le moment, le CIO a dit aux sportifs de continuer à se préparer. Quatre mois et demi, c’est court et long à la fois.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Il n’empêche, le principe même d’équité est remis en cause avec cette épidémie.

Oui, c’est sûr que pour des disciplines comme les nôtres, ça a de vraies conséquences ! Mais pour moi, la condition la plus importante, c’est la santé. S’il y a le moindre risque, il faut les reporter, même si je me doute que pour certains athlètes en fin de carrière, ça peut être plus difficile à accepter. Pour ma part, j’ai prévu de nager jusqu’aux Jeux de Paris en 2024.

As-tu des contacts réguliers avec Philippe Lucas ?

Je le tiens informé de mes séances d’entraînement par SMS, mais on ne s’appelle pas. Je sais qu’il est en contact avec Stéphane Lecat et qu’ils ont examiné toutes les solutions envisageables. Aujourd’hui, je mesure à quel point l’investissement du Directeur de l’eau libre et de son staff est essentiel. Je ne suis pas abandonné ni livré à moi-même. Je sais ce que j’ai à faire et vers qui je dois me tourner en cas de doute. En pleine période de confinement, c’est extrêmement rassurant.

Recueilli par Adrien Cadot

 

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