Michel Chrétien : « Max sait ce qu’il fait » | Fédération Française de Natation
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Jeudi 23 Juin 2022 - 09:30

Ce qu’il y a de bien avec Michel Chrétien, c’est qu’il explique tout, qu’il prend le temps de vulgariser. Avec l’entraîneur de l’Insep, on a le sentiment de tout comprendre, de percer les secrets d’infimes détails jusqu’à percevoir les engrenages d’une épreuve reine dont la moindre erreur se paie comptant. C’était encore le cas hier soir (mercredi 22 juin), lorsqu’il a accepté de revenir sur la médaille d’argent de Maxime Grousset sur le 100 m nage libre des championnats du monde de Budapest.

Comment analysez-vous la course de Maxime ?

Je trouve qu’il a très bien géré. Il a su canaliser et contrôler tous les points forts de Popovici…

Comment ça ?

Le Roumain n’a jamais pu installer sa nage parce que Max a réaccéléré à chaque fois. Du coup, Popovici s’est progressivement crispé. Ce qui explique qu’il nage loin de ses standards des demi-finales (47’5 en finale contre 47’1 en demie, ndlr). Max s’incline finalement à la touche, mais ce n’est pas grave. C’est le jeu. A titre personnel, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre cette finale !

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Maxime nous a confié hier (mercredi 22 juin) qu’il n’était pas satisfait de sa touche. Qu’en pensez-vous ?

Je vois qu’ils arrivent à la même vitesse (Maxime et Popovici). Sauf que le Roumain a un bras un peu plus long et ça se joue là-dessus (sourire)

A vous entendre, on a presque l’impression d’avoir assisté à un combat de boxe.

Oui, parce que le sprint, et le 100 m nage libre en particulier, est un combat. Dans ce style de finale, dans la mesure ou Max a une nage très agressive et un mental très fort, cela tourne vite au duel. A l’inverse, on a bien vu que Popovici a essayé de nager grand comme il sait le faire avant de se rendre compte que le Français n’arrêtait pas de le harceler. Du coup, il a été obligé de s’engager davantage, de répondre aux accélérations de Max, ce qui l’a obligé à sortir de son schéma de course.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Un an après sa quatrième place sur 100 m nage libre aux Jeux de Tokyo, quel regard portez-vous sur la progression de votre nageur ?

Je dirais que Max continue de se construire. Les Jeux de Tokyo lui ont apporté beaucoup d’expérience et de confiance. Je pense que maintenant, il sait parfaitement où il va. Et puis, il ne se fixe aucune limite, il aime jouer avec ses adversaires et surtout, il apprécie la compétition.

Mentalement, il semble particulièrement armé. Très solide. Vous confirmez ?

Il a une faculté naturelle à switcher…

C’est-à-dire ?

Avant sa finale d’hier (mercredi 22 juin), j’ai essayé de lui donner quelques conseils, mais il a fini par m’interrompre pour me dire : « Ne t’inquiètes pas Michel, j’ouvre des portes et j’avance ». Qu’est-ce que ça signifie ? Qu’il pénètre dans de nouveaux espaces à chaque course et qu’il teste des choses. A l’Insep on travaille un peu la préparation mentale. On fait du yoga, des exercices de respiration, mais Max n’est pas quelqu’un qui angoisse. Il n’est pas du genre à succomber au stress.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

Cet aller-retour, on peut donc dire qu’il le maîtrise, non ?

Je crois bien que oui ! Mardi (21 juin), en demi-finale, il a nagé en patron et signé un solide 47’’5. Un chrono qu’il a quasiment répété en finale (47’’64). Cette régularité démontre qu’il sait ce qu’il fait. Je trouve aussi qu’il est capable d’élever son niveau et de faire baisser ses chronos dans les moments importants. L’année dernière, c’était face à l’Américain Caeleb Dressel. Cette semaine contre le Roumain Popovici.

Qu’est-ce qu’il lui manque désormais pour passer sous les 47’’5 ?

Sur sa finale, il commet une petite erreur. En la corrigeant, il peut encore faire descendre le chrono.

Laquelle ?

Dans le premier cinquante, il est surpris de sa vitesse. A tel point qu’il met un peu le frein à main en arrivant sur le mur en se disant probablement qu’il y a encore un retour à négocier. Je crois pourtant qu’avec sa vitesse, il n’aurait pas dépensé beaucoup d’énergie et qu’il serait reparti encore plus vite.

A Budapest, Adrien Cadot

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