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Delphine Maréchal, conseillère technique sportif du Pole d’Aix-en-Provence, est tout le week-end à Sète avec ses nageuses médaillées d'or en équipe technique lors de la rencontre nationale junior. Comme tous les centres d’accession au haut-niveau, le club a lui aussi du s’adapter sans cesse à la situation. 

Vous avez pu garder un accès aux piscines avec vos nageuses listées, quelles étaient les conditions d’entrainements des nageuses en compétition ?

Pour commencer c’est vrai que nous sommes privilégiés de pouvoir continuer à nous entraîner.  D’autant qu’avec la suppression des créneaux pour le public et les scolaires nous avons eu plus de place donc on a bénéficié de conditions d’entrainements que nous n’avions jamais eu. La métropole était très à l’écoute du sport de haut-niveau, si bien qu’avec tous les bassins de la région nous avons toujours eu de super conditions. A coté de ça, comme tout le monde depuis le début de la crise, nous sommes en perpétuelle adaptation. Entre les nageuses qui sont « cas contact » ou touchées par le virus, les piscines qui ouvrent et qui ferment, les modalités d’accès aux structures qui changent ou encore le CREPS qui ferment, je passe mon temps à faire des programmes. Maintenant les familles et les nageuses commencent à être habituées et sont résiliantes, elles savent que nous faisons de notre mieux pour pouvoir assurer l’entrainement. J’avoue que ça joue avec les nerfs.

Comment définiriez-vous cette période ? Quels sont les conséquences de celle-ci ? 

Le maitre mot de cette année c’est l’adaptation. Autant en junior je pense que c’est plus simple de garder du sens dans la pratique car elles se projettent au delà de cette saison. Mais pour ce qui est des générations suivantes, je suis très inquiète. J’ai peur qu’on parle de génération sacrifiée pour les jeunes et les avenirs. Beaucoup d’entre-elles ont du mal à maintenir leur motivation sachant que cela fait presque deux ans qu’elles n’ont pas nagé. On a d’ailleurs déjà vu les conséquences du confinement de l’année dernière sur les nouvelles juniors. Le travail effectué à cette période est du travail de précision de ballet. Donc ces nageuses n’ont pas pu progresser dessus et on remarque ce manque de ce travail. Je ne sais pas si les saisons perdues pour nos jeunes nageuses pourront être rattrapées, je l’espère. 

A l’image de cette année inédite, que pensez-vous de cette compétition ?

Ce qui est particulièrement positif avec cette rencontre c’est la chance qu’elle offre aux nageuses de pouvoir faire ce pourquoi elles s’entrainent. En effet, nous sommes dans une pratique compétitive, et des moments comme celui-ci sont le nerf central de notre pratique. Les nageuses sont conscientes de la chance qu'elles ont de pouvoir nager, de se montrer et de s’exprimer. En plus les athlètes présentes sont toutes des concurrentes directes, ce qui permet de maintenir un haut niveau de performance. Ce qui est regrettable, c’est l’absence de public, le fameux huis-clos dont tous les sportifs souffrent. Les nageuses ne peuvent pas voir leurs collègues nager, ni les encourager, il n’y a pas de parents et elles ne peuvent pas non plus voir les autres clubs évoluer. Toutefois, cela reste secondaire, l’essentiel étant d’être là, mais la fête n’est pas la même. 


Dans quel état d'esprit est le club d'Aix en Provence à l’approche de cette compétition ? 

Je dirais que l’état d’esprit est plutôt similaire aux années précédentes. Les nageuses sont concentrées sur les choses concrètes qu’on leur demande. Elles ne s’éparpillent pas et ne cogitent pas trop sur la différence de format de cette compétition avec un championnat de France classique. L’avantage c’est que nos nageuses se projettent au moins à moyen terme donc ce week-end n’est pas une finalité pour elles. Evidemment elles veulent ramener des médailles et monter sur la plus haute marche du podium mais elles se concentrent avant tout sur ce qu’elles doivent faire dans l’eau. Les médailles c’est génial mais ça passe par du concret avant tout. La preuve en est, malgré une grosse faute en fin de programme technique, la journée d’hier a été bonne avec l’or en équipe. La compétition continue aujourd’hui et demain.  Il reste beaucoup à faire et l’objectif est de maintenir l’exigence jusqu’à dimanche.


Vous êtes désormais engagée sur l’équipe de France junior, comment voyez-vous l’avenir et la possibilité de s’entrainer et faire de la compétition ? 

Je suis fraichement impliquée sur l’équipe de France junior puisque je me rends moins souvent à l’Insep pour entrainer l’équipe de France sénior. Avec les juniors nous allons essayer tant bien que mal de préparer ce collectif aux échéances et notamment aux championnats d’Europe. Après, comme pour tout, nous n’avons aucune certitude qu’ils soient maintenus et que les stages programmés puissent avoir lieu. Les nageuses sont conscientes de ces incertitudes et se projettent au-delà de cette saison. Elles savent qu’en cas d’absence de compétition, le temps de préparation n’est pas du temps de perdu. Encore une fois nous allons nous adapter et faire au mieux pour les nageuses.

Recueilli par Solène Lusseau

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