Clap de fin sur cette quatrième édition du Giant Open. Ce dimanche 22 mars, à l'occasion de la dernière journée du meeting international, c'est Sacha Velly et Pauline Mahieu qui ont brillé pour la France. Le nageur de Laon a détonné en pulvérisant son record personnel sur 1500 m nage libre (14'53"62 contre 15'01"86), devenant le troisième Tricolore le plus rapide de l'histoire sur la distance, tandis que Pauline Mahieu a remporté son épreuve du 100 m dos, infligeant à Marrit Steenbergen sa première défaite du week-end.
S'il a manqué le triplé d'un rien, battu sur 50 m brasse par le champion du monde en titre italien, Simone Cerasuolo (27"06), l'Allemand Melvin Imoudu (27"14) a signé un beau week-end et a découvert avec une certaine excitation le futur bassin des championnats d'Europe. Dans le clan français encore, les belles performances de Cyrielle Duhamel, Marie Wattel, ou encore Yohann Ndoye Brouard et Nathan Muratory ont marqué les esprits pour conclure en beauté cette édition. Découvrez certaines des réactions des protagonistes de la soirée.
| Concernant les autres résultats de la soirée, sur 1500 m nage libre dames, la Grecque Artemis Vasilaki l'a emporté pour s'offrir le triplé du demi-fond en (16'23"63) devant Inès Delacroix (16'29"24, RP) et Laura Gourgeon (16'35"12, RP). Sur l'aller simple en brasse féminine, Nika Godun a été la plus prompte (31"25), tandis que Giulia Rossi-Béné s'est classée deuxième (31"77). Sur les 200 m 4 nages, le Brésilien Gabriel Machuco chez les hommes et la Canadienne Mary-Sophie Harvey chez les femmes ont touché le mur en premiers. |
Sacha Velly, vainqueur du 1500 m nage libre (14'53"62, RP) :
"Cela faisait depuis l’âge de 16 ans que je n’avais pas nagé aussi vite, j'avais nagé 15"01. Je n’avais plus jamais refait ça et on a tellement bien préparé ça, je me suis entraîné comme un fou là, tout le mois de janvier. Et là ça montre que je vais dérouler sur la forme pour le 10 km de la semaine prochaine (en Coupe du monde d’eau libre à Hurghada, ndlr.). Du coup là j'aimerais bien annoncer le top trois, mais en eau libre on n’est jamais sûr de rien. Je suis vraiment content, c'est incroyable et en plus je fais ça dans la piscine des Euros. Il me reste à gagner dix secondes et j'aurai le record de France peut-être. Et puis c’est aussi rejoindre Damien (Joly) et David (Aubry), qui étaient les deux seuls à avoir nagé en dessous. Je fais partie des trois plus rapides de l'histoire maintenant derrière deux mecs qui ont été médaillés aux Euros et aux Mondiaux, qui ont fait les Jeux, donc c'est vraiment bien. Je l'ai dit : cet été, je ferai le record de France ici (sourire). J'espère. J'ai tellement bien travaillé avec Thomas avec Nino, j'ai un super groupe dans lequel on s'entend tous super bien et c'est une méthode qui me va complètement. Aujourd'hui, j'ai enfin accompli ce que je cherche depuis des années et des années quoi. Mes plus grosses semaines en ce moment sont autour de 75 km. J'ai déjà fait des semaines à 80 ou 90, donc j'ai encore de la marge sur mes semaines. Je suis prêt, certes, maintenant je dois encore progresser sur les virages, sur la puissance. Je peux être encore un peu plus sec, je pense aussi donc voilà, je suis prêt, mais il faudra l’être encore plus dans trois mois."

Pauline Mahieu, vainqueure du 100 m dos (59"44) :
"Je suis super contente, au-delà du temps, je voulais vraiment essayer de bien me focus sur moi, parce que je savais que ce serait une finale relevée. Là on est un peu sur la finale des France sans Mary-Ambre, mais avec deux Néerlandaises en plus. L'objectif était de faire ma course, de me concentrer sur les points techniques et de prendre du plaisir. Avec tous les changements que j'ai entrepris, même si on ne peut pas attendre des miracles en six mois, c'est quand même bien d'avoir un checkpoint et là il est très bon. Il y a eu des choses moins bien sur le début du week-end, je finis très bien, donc c'est de bon augure. Sur le week-end, je dirais que malheureusement j'ai encore prouvé que mon mental pouvait être ma plus grosse des faiblesses et ma plus grosse force. Là sur le 100 dos, je l'ai montré et sur le 200, eh bien j'ai eu peur, je suis restée coincée encore une fois, mais j'ai vraiment découvert deux-trois trucs ce week-end qui vont m'aider pour la suite. La suite, ça va être un retour au travail directement au Canada et après on va avoir un autre checkpoint avec les Mare Nostrum. Je vais faire les trois étapes et après un bon stage à Canet avec mes coéquipiers du Canada, donc ça va être trop cool. J'ai trop hâte de leur montrer ma maison et tous les trucs Français. Ça, j'ai vraiment hâte et après il y aura les France qui vont arriver."

Clément Secchi, deuxième du 100 m papillon (52"25) :
"Forcément, je suis venu là pour gagner, je perds de 7 centièmes, donc je suis déçu. Après voilà, il faut tout remettre dans ce contexte. J'ai eu deux mois de travail vraiment difficiles physiquement et mentalement. La semaine dernière, je me suis bloqué le dos à un jour de Lausanne. Je fais 52"2. Je crois que je fais exactement le même temps, une semaine après. Mais on faisait des sept bornes là tous les matins, donc bon je suis quand même content d'arriver à faire ça. Après, j'ai envie de nager beaucoup plus vite aux championnats d'Europe, de ne pas être derrière les Allemands, plutôt d'être derrière un Français à la rigueur, derrière un Suisse, mais pas plus plus que ça (sourire). C'est sûr que c'est du positif ça montre que mentalement je ne lâche jamais rien et c'est pour ça que j'en suis à ce niveau-là, je pense. Mais c'est sûr que je suis forcément frustré, que ce soit une partie de ping-pong avec un ami où là, je suis dégoûté. J’aurais aimé gagner, surtout qu'il y a pas mal de gens en tribunes qui sont venus me voir, j'avais envie de faire le show pour eux. Je serais bien monté sur la ligne, mais ce n'est que partie remise."
Marie Wattel, troisième du 100 m papillon (58"65) :
"Bah moi je trouve que je retrouve de bonnes habitudes de course et je trouve que ces 100 m papillon sont de plus en plus construits, j'arrive à tenir jusqu'à la fin. Maintenant il manque de la vitesse, il manque du jus, mais on est qu'en mars donc ce n'est pas surprenant non plus. Il y a du bon, il y a du moins bon et généralement c'est ce qui arrive à cette période de l'année. Donc tout plein de choses à travailler et c'est quand même encourageant. On fera le bilan cet été. En tout cas je fais confiance à mon coach, je fais confiance au programme. J'essaye, pour l'instant, de ne pas trop faire de retours, je suis et parfois il y a des choses qui me surprennent, mais je décide de faire confiance et puis là je vais déjà revenir avec quelques retours, je vais peut-être pouvoir apporter un petit peu plus mon retour sur ce qui s'est passé lors de la préparation, mais ce que je peux dire c'est que je m'amuse beaucoup, je prends beaucoup de plaisir et je me sens en forme. Malheureusement j'aurais bien aimé vouloir faire les courses la course avec les filles, mais je pense que je reviens d'un peu plus loin qu'elles depuis les Jeux de Paris. Je suis en reconstruction encore et puis je sais que ce sont des filles qui sont capables de nager vite à cette période de l'année, comparé à moi où c'est souvent plutôt l'été donc je ne suis pas inquiète. Je suis déçue, mais je sens que le potentiel est là, donc il faut que je me fasse confiance."

Cyrielle Duhamel, troisième du 200 m 4 nages (2'12"53) :
"Moi j'ai trouvé que c'était vraiment pas mal. Je ne sais pas à combien est la qualif pour les Euros (3 dixièmes). Ouais vraiment c'est très, très proche. Il me reste encore trois mois jusqu'à l'échéance donc on est sur une très bonne lancée. On est bien. Je me sens bien, c'est vrai que ça reste difficile au mois de mars. C’est dur, mais ça va je suis satisfaite quand même du travail qu'on arrive à faire et tout donc on va continuer dans ce sens-là et ça devrait être pas mal. C'est difficile de nager contre ces filles, parce que moi je n'ai pas l'habitude d'être confrontée directement à des internationales. Mary-Sophie a fait quatre fois quatrième aux Jeux, elle est top cinq mondiale etc. Ce sont des courses qui sont relevées mais qui font du bien, parce qu'on n'a pas l'habitude d'avoir du monde autour, alors c'est appréciable. Ça m'aide à aller chercher encore plus loin quelques dixièmes secondes."

Yohann Ndoye Brouard, troisième du 100 m dos (54"15) :
"Ce n'était pas vraiment mieux. Il n'y a pas grand-chose, pas trop de jus comme hier. J'ai essayé de récupérer au max, mais quand ça veut pas, ça veut pas. Je pense que je manque de repères dans la nage. L'entraînement je l'ai fait, de janvier à maintenant, j'ai bien travaillé, mais j'ai perdu des repères ces derniers jours et c'est ce qui me manque. Le fait de ne pas avoir trop touché l'eau, de ne pas avoir répété les courses à Lausanne, c'est pour cela que j'en suis là. C'est super de voir Nathan (Muratory) à ce niveau. J'ai vu les résultats qu'il avait fait, il avait battu de deux secondes des MPF de Mewen et quand on voit la carrière qu'a Mewen, il est sur une bonne lancée. Il faut que ça continue. C'est cool, j'ai envie de voir du niveau, qu'en France on soit le plus possible à prétendre à une qualification aux championnats d'Europe."

Nathan Muratory, quatrième du 100 m dos (54"31, RP) :
"C'est hyper constructif comme week-end. Là, je nage avec des grands, des médaillés internationaux et tout. C'est super de pouvoir vivre ça ici et ça encourage pour la suite, ça donne envie de continuer. Il y a un peu de pression, mais ça donne envie de nager plus vite là, par exemple, sur le premier 50 m : rester avec eux et après voir si ça craque et ça craque. Il y a une petite lueur d’espoir à l’idée de faire les Euros à Paris, on va dire, mais ça risque d'être compliqué. C'est pour ça qu’il faut travailler jusqu'à la fin. Et sinon, les Euro juniors ça reste quand même un gros challenge. Et après peut-être les Euros à Paris ici…"

Melvin Imoudu 🇩🇪, deuxième du 50 m brasse (27"14) :
"Je me suis senti vraiment bien. C'était un très beau meeting dans une belle et grande piscine pour moi. C'était ma première fois dans ce bassin. Je suis très heureux d'être de retour à Paris deux ans après les Jeux. Cela pousse d'être déjà opposé aux meilleurs européens sur cette compétition. Nous sommes obligés de nous donner à fond pour faire de bons temps et c'est toujours fun."

Au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, Louis Delvinquière