Echange de savoir faire | Fédération Française de Natation
Partager
Jeudi 9 Janvier 2020 - 17:15

Depuis janvier 2019, les jumelles russes Nastya et Darya Bayandina, 23 ans, s’entraînent à l’INSEP. Une arrivée qui a fait réagir, mais qui peut, au final, se révéler bénéfique pour l’équipe de France.

Pourquoi avoir choisi de quitter la Russie pour rejoindre la France ?

Darya Bayandina : Ici, les gens sont soudés ! Les valeurs françaises sont présentes dans la vie quotidienne. La devise de la République est ancrée dans l’esprit du peuple, je l’ai ressentie dès mon arrivée. Les Français sont accueillants et généreux. Voilà pourquoi nous avons décidé de venir ici pour réaliser notre rêve de participer aux Jeux olympiques.

Νastya Bayandina : Nous en avons longuement parlé avant de prendre cette décision. Pour nous, c’était très important de trouver un accord entre les deux pays. On a choisi la France pour son histoire et sa tradition dans la natation artistique.

Quelles sont les qualités des nageuses françaises ?

D. B. : Les Françaises sont fidèles à leur tradition. J’admire leur créativité et leur soif de progression. Les filles et les entraîneurs sont très sociables et mettent en priorité notre cohésion et notre bien-être.

N. B. : Les Bleues sont vraiment soudées. Elles se tirent vers le haut. C’est une qualité qui m’a marquée dès notre arrivée. Même si on ne se connaissait pas, les filles nous ont gentiment accueilli. L’esprit de partage et de communication est omniprésent. Ça me rend calme et sereine.

(Illustrasport)

Qu’est-ce que les coaches tricolores vous ont apportées ? 

D. B. : Les entraîneurs Julie (Fabre) et Laure (Obry) nous ont accueilli avec bienveillance. Elles ont tout fait pour qu’on vienne à l’INSEP, pour que nous puissions nous y entraîner normalement. Des cours de langue ont été mis en place pour qu’on s’intègre encore plus vite. Dans l’eau, on découvre de nouveaux exercices et de nouvelles sensations. Tout est différent pour nous et on éprouve des sentiments et une relation qu’on a jamais eue.

N. B. : Les entraîneurs ont tout fait pour faciliter notre intégration. Elles nous ont tout expliqué : le système et le règlement de l’équipe française, les traditions, le fonctionnement de l’entrainement… Nous avons senti qu’elles avaient vraiment envie qu’on intègre le groupe et qu’on soit, nous aussi, des pièces de ce puzzle. Le staff et l’équipe nous apporte beaucoup d’attention et sont en permanence à nos côtés.

Et qu’est-ce que l’équipe vous apporte au quotidien ?

D. B. : Le collectif français est extrêmement soudé. Les filles nous encouragent au quotidien. C’est vrai que ce n’est pas facile de tout recommencer depuis le début, mais grâce à ce groupe on s’est intégré beaucoup plus vite que prévu et surtout de la bonne manière.

N. B. : Les filles du groupe sont généreuses et gentilles. Ce qui me plaît le plus, c’est que nous avons rapidement construit une relation et que nous cherchons ensemble des réponses sur tout ce qui concerne la synchro, la technique, les changements de formation et l’entraînement.

(Illustrasport)

Vous avez une grande expérience dans la discipline. Et une éducation russe. Est-ce que vous avez partagé avec l’équipe des astuces ou des conseils ?

D. B. : En effet, nous avons la chance d’avoir été éduquées dans la philosophie de l’école russe qui depuis vingt ans est devenue l’équipe la plus puissante dans la natation artistique. Avec Nastya, nous avons envie de partager toutes nos connaissances et notre expérience dans ce domaine. Dès les premiers entraînements à l’INSEP, nous avons présenté à l’équipe des exercices de technique et des mouvements spécifiques de synchro. On est contente d’apporter aux filles, mais on est aussi très heureuse d’apprendre d’elles.

N. B. : Nous essayons de comprendre le système de travail de l’équipe parce que c’est quelque chose de diffèrent. Certes, nous avons énormément d’expérience dans ce sport, mais le principal est de mélanger nos connaissances. On montre nos astuces et ensemble on cherche à trouver le chemin en commun pour atteindre notre objectif.

Quel est votre point fort ?

D. B. : Sans hésiter notre esprit d’équipe ! Les filles peuvent toujours compter sur nous. J’aime encourager, donner de la force et booster les autres, surtout quand on se bat pour la même chose. Pour moi, c’est le plus important parce que la natation artistique est un sport d’équipe.

N. B. : Je ne suis pas la meilleure athlète, mais je cherche toujours à progresser parce que je sais qu’il n’y a aucune limite dans la perfection. On a toujours la possibilité de s’améliorer et il faut avoir de la patience et travailler très dur.

(KMSP/Stéphane Kempinaire)

L’intégration a été rapide. Vous parlez déjà bien le français. On sent que vous êtes très motivées. 

D. B. : En effet, ça été très vite ! On avait des appréhensions en arrivant, mais grâce à l’accueil de l’équipe et des entraîneurs on s’est rapidement intégré. On suit des cours de français et les coaches nous ont parlé tout de suite en français pour faciliter notre adaptation. Même si au début je ne comprenais rien de ce qu’elles me disaient dans l’eau (rires)

N. B. : Au début, c’était très difficile de m’imaginer vivre dans un autre pays et d’apprendre une langue étrangère. On a eu le même sentiment quand on a déménagé avec ma sœur pour s’entraîner avec l’équipe de Moscou, puis en équipe nationale. Avec Darya, nous sommes très soudées et très motivées à l’idée d’atteindre notre objectif olympique donc on s’encourage et on se soutient dans tout changement comme celui-ci.

Recueilli par Iphinoé Davvetas (avec A. C.)

Le saviez-vous ?

Jean Boiteux a remporté le premier titre olympique de la natation française aux Jeux d’Helsinki de 1952  avec 400 m nage libre en 4’30’’07
12,7 millions de français pratiquent la natation en loisir
Les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 sont les premiers depuis Munich en 1972 à se dérouler sans aucun boycott.
Les relais mixtes apparaissent pour la 1ère fois en compétition officielle lors des champ. d’Europe de Chartres en petit bassin (2012)
Le plongeon a intégré le programme olympique dès les Jeux Saint-Louis en 1904
Pour la première fois il y aura une épreuve de duo mixte en natation synchronisée aux championnats du Monde 2015
Les premiers championnats du monde de natation se sont disputés en 1973 à Belgrade
Environ, 6 400 bassins existent en France, 650 bassins sont certifiés FFN
Le water-polo a été le premier sport collectif français champion olympique à Paris en 1924. Les Bleus ont battu la Belgique en finale (3-0).
Le plongeon tricolore n’a ramené qu’une médaille olympique. C’était Mady Moreau en 1952 à Helsinki, qui a terminé deuxième du tremplin à 3 m
L’eau libre a fait son apparition aux J.O. en 2008. Seul le 10 km figure, au programme de la plus grande compétition planétaire
La FINA inaugure les épreuves des duos mixtes en natation synchronisée lors des championnats du monde de 2015 à Kazan.
Les championnats du monde de Barcelone en 2013 sont les premiers à avoir accueilli des épreuves de High Diving

À lire aussi

Partenaires Officiels