Géraldine Mahieu : « Le collectif s’est élargi » | Fédération Française de Natation
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Lundi 25 Janvier 2021 - 14:15

Du 19 au 24 janvier dernier, l’équipe de France féminine de water-polo a pris part au Tournoi de Qualification Olympique (TQO) organisé à Trieste (Italie). Dans un contexte bousculé par la crise sanitaire et privées de plusieurs joueuses cadres, les Bleues ont fait mieux que sauver l’honneur. Cinquièmes sur huit à l'issue de l'échéance continentale, les Françaises ont joué crânement leur chance et pris rendez-vous avec l’avenir. C’est dans le bus du retour que Géraldine Mahieu a répondu à nos questions. Au-delà d'un environnement restrictif et du résultat, la capitaine nous a confirmé que le collectif tricolore rajeuni avait affiché un caractère et un allant prometteurs.

Que retiens-tu du TQO que vous venez de disputer à Trieste ?

D’abord que nous ne sommes pas qualifiées pour les Jeux de Tokyo. Reste qu’au-delà du résultat brut, je retiens la manière et l’état d’esprit affichés par les filles tout au long de la compétition. Nous avons fait montre d’un caractère qui peut nous laisser espérer de belles choses pour l’avenir.

D’autant que le collectif national était particulièrement rajeuni.

Il a, en effet, fallu composer avec de nombreuses absences, mais c’est aussi ça le sport de haut niveau ! A l’issue de cette compétition, les plus jeunes seront peut-être déçues, mais elles doivent comprendre que cette échéance s’inscrit dans une dynamique qui doit nous mener jusqu'aux Jeux de Paris en 2024. Le chemin est encore long. Il faut continuer à travailler pour emmagasiner de l’expérience. C’est en nous confrontant aux meilleures formations mondiales que nous parviendrons à réduire progressivement l’écart.

(Deepbluemedia)

Auriez-vous pu espérer un autre résultat avec un groupe au complet (Léa Bachelier, Clémence Clerc, Audrey Daule, Aurélie Battu et la gardienne Lorène Derenty étaient absentes à Trieste, ndlr) ?

Je n’en sais rien. Ce qu’il y a de certain, en revanche, c’est que les jeunes joueuses de l’équipe de France ont tout donné pendant cette compétition. Au-delà de ce débat, je retiens surtout que nous disposons maintenant d’un vrai vivier. Longtemps, l’équipe de France a dû composer avec un groupe restreint. Là, nous avons pris conscience que le collectif s’était non seulement élargi, mais aussi densifié. C’est une excellente nouvelle pour l’avenir parce que nous aurons besoin de tout le monde pour relever les challenges qui nous attendent dans les prochaines années.

En tant que capitaine, comment as-tu abordé ce rendez-vous ?

J’ai surtout essayé de mettre les joueuses en confiance. C’est ma vision du leadership. J’avais à cœur qu’elles s’expriment sans retenue pour ne pas avoir de regrets. Je voulais que tout le monde se sente important pour le collectif. A deux ou trois, nous n’y arriverons pas. Il n’y a que toutes ensemble que nous réussirons à écrire l’histoire de notre sport. Nous avons beaucoup échangé avant et pendant la compétition. Il était important de se parler, de se dire les choses pour corriger ce qui n’allait pas et trouver les bons automatismes.

En t’écoutant, on a le sentiment qu’en dépit de la crise sanitaire, le collectif national a très bien vécu ensemble.

Les stages organisés en amont du TQO nous ont permis de nous habituer progressivement aux contraintes sanitaires. En arrivant à Trieste, nous savions à quoi nous attendre. Le travail de préparation mentale s’est révélé très bénéfique. Il a malgré tout fallu s’habituer à ces allers retours entre la piscine et l’hôtel sans échappatoires ou sas de décompression. Ça a parfois été un peu long, mais toutes les filles ont respecté les consignes. A titre personnel, je mesure ma chance de vivre ma passion à fond. Alors oui, ce n’est pas simple, mais je joue au water-polo avec l’équipe de France. Quand le doute m’envahit, je pense à tous ces gens qui sont coincés chez eux et qui ne peuvent pas forcément trouver matière à se divertir. A un moment, il faut être lucide. C’est aussi ce que j’ai tenu à rappeler aux filles de temps en temps.

(Deepbluemedia)

Puisque tu parles d’échange et de transmission, as-tu senti chez les plus jeunes joueuses une curiosité ou un intérêt quant à ton parcours à l’étranger (Géraldine joue pour le club de Dunaújvaros, en Hongrie, ndlr) ?

Notre sport offre des opportunités de ce genre. C’est, à mon sens, des occasions qu’il faut saisir. Déjà parce que vivre à l’étranger permet de mûrir, mais aussi parce qu’en termes de jeu, il est toujours intéressant de se confronter à une autre culture et d’affronter ce qui se fait de mieux en Europe. En Hongrie, j’ai dû prouver que j’avais ma place. Je suis heureuse de voir que mon expérience peut intéresser les plus jeunes et les faire rêver. Je suis toujours disponible pour en parler. J’aime partager ma passion.

Qu’elles sont tes prochaines échéances ?

Je vais prendre deux jours pour souffler avant de rejoindre mon club pour préparer la coupe d’Europe que nous disputerons à nouveau en Italie (sourire)… J’ai aussi à cœur de remporter le championnat de Hongrie avec Dunaújvaros. Je veux laisser mon empreinte dans ce club. Après ça, il sera temps de se remobiliser avec l’équipe de France pour préparer le championnat d’Europe que nous disputerons en 2022. Il y aura aussi les championnats du monde décalés à l’année prochaine, mais pour l’heure, tout est un peu confus. Malgré tout, j’espère que nous pourrons compter sur toutes les filles pour aborder ces compétitions dans les meilleures conditions.

Recueilli par Adrien Cadot

(Deepbluemedia)

LE TQO DES FRANCAISES DANS LE DETAIL

Phase de groupe : France-Italie : 6 à 19 ; France-Slovaquie : 17 à 9 (Louise Guillet élue Joueuse du match) ; France-Pays-Bas : 6 à 15. La France se classe 3e de sa poule sur 4. Les Tricolores ont donc croisé avec l'équipe qui a fini 2e dans la seconde poule.

Quart de finale : France- Hongrie (vainqueure du tournoi) : 7 à 20. Les Françaises ont continué la compétition pour les matchs de classement de la place 5 à 8.

Demi-finale (poule basse) : France-Israël : 11 à 4 (Estelle Millot élue Joueuse du match).

Match pour la 5e ou 6e place : France-Kazakhstan : 12 à 10 (Géraldine Mahieu (cap) élue Joueuse du match). La France finit donc 5e sur 8. Les finalistes de la compétition Hongrie et Pays Bas iront à Tokyo. 

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