« Voir le positif » | Fédération Française de Natation
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Jeudi 26 Mars 2020 - 10:45

Confinée en famille, Laura Tremble est, comme de nombreux sportifs, soulagée depuis que le CIO a officialisé sa décision de reporter les Jeux olympiques de Tokyo en 2021. Depuis le début de ce confinement, elle en profite pour travailler ses cours, mais aussi communiquer avec ses coéquipières et l’ensemble du staff de l’équipe de France de natation artistique. Si certaines questions subsistent, elle essaie de tirer le positif de cette expérience forcément particulière. 

C’est désormais officiel, les JO sont reportés à 2021. Comment as-tu accueilli cette nouvelle ? 

J’ai changé d’avis sur la question. Au départ, quand le report des Jeux était évoqué, je n’y étais pas vraiment favorable. J’étais encore trop impliquée dans l’année que nous avons vécue avec énormément de sacrifices et d’heures d’entraînement. Je ne me voyais pas recommencer comme ça une année. D’autant que l’année prochaine, nous avions des projets au niveau des études et que cela semblait compliqué avec un report des JO. 

Qu’est-ce qui t’as donc fait changé d’avis ? 

J’ai pris davantage de recul et j’ai discuté avec de nombreuses personnes de cette situation. La pandémie de coronavirus est mondiale et la santé est quelque chose de primordiale. Notre monde tourne autour des JO, mais la crise actuelle est bien plus importante. Le plus difficile est de prendre du recul par rapport à tout ça, parce que depuis le début de la saison, nous pensons Jeux olympiques, nous mangeons JO et nous dormons JO. La décision du report a été prise pour le bien de tous, sauver des vies et éradiquer ce virus. D’autant que se posait également la question de l’équité avec les situations différentes de chaque athlète. 

As-tu échangé à ce sujet avec les autres filles de l’équipe ? 

Bien sûr. Nous sommes une équipe assez soudée. Depuis le début du confinement on échange énormément, que ce soit entre nageuses ou avec le staff. On a la chance de pouvoir se voir et faire des réunions en visio. Pour le moment, il y a encore beaucoup de flou autour de cette décision et beaucoup de questions sont encore en suspend, et c’est important de pouvoir partager cela avec les autres membres de l’équipe. 

Tu évoquais tes études. Sais-tu déjà comment cela va s’articuler l’année prochaine ?

Depuis le début du confinement, on a davantage de temps pour travailler avec ma soeur, donc on récupère un peu notre retard. Pour le moment, le planning de la fin de l’année et de l’année prochaine n’a pas été mis en place. Ça fait partie de toutes ces questions pour lesquelles nous sommes encore dans le flou. 

Photo: FFN/Philippe Pongenty

Est-ce difficile de vivre avec ces incertitudes ? 

Oui. Mais le fait que la décision du report des Jeux soit désormais officielle enlève un poids. C’était la chose la plus attendue. Par contre on ne sait toujours pas si le TQO qui doit se tenir en juin va être maintenu ou non. Ce n’est pas facile, surtout en année olympique, de vivre ça. D’habitude, c’est l’année qui est la plus millimétrée de toute. Au lieu de ça, on est confiné chez nous dans un flou total. 

Malgré tout, n’est-ce pas un avantage d’avoir un an de plus pour travailler votre nouvelle chorégraphie d’équipe libre ? 

C’est certain. On sait qu’on a parfois du mal à bien caler tous les éléments de la chorégraphie pour qu’elle soit parfaite du début à la fin. Bénéficier de ce temps supplémentaire nous permettra de davantage travailler sur ces aspects et proposer une chorégraphie que nous connaîtrons bien mieux. Il faut voir le positif. 

Le rythme d’entraînement sera-t-il aussi intense l’année prochaine ? 

Tout ce qu’on sait, c’est qu’on ne peut pas faire deux années comme celle-ci. Il y aura donc forcément des aménagements la saison prochaine. Nos entraîneurs savent que les études sont très importantes pour les filles de l’équipe. On ne pourra pas faire deux années quasi-blanches dans ce domaine. Tout va se mettre en place progressivement pour qu’on puisse au moins avoir davantage de cours en début de saison, tout en gardant par la suite un rythme intense au niveau des entraînements. 

Profitez-vous du confinement pour également souffler un petit peu et récupérer de cette année exigeante ? 

Au début, on ne savait pas si le TQO allait être reporté, ensuite on ne savait pas si les Jeux auraient lieu à la date prévue. C’était un peu difficile. Mais désormais, nos journées sont bien rythmées avec deux séances de préparation physique par jour. On a de la souplesse, des exercices de préparation mentale. 

Photo: FFN/Philippe Pongenty

C’était important de ne pas tout arrêter. 

Bien sûr, c’est toujours important de se maintenir en forme, parce qu’on a une fin d’année à tenir. On ne sait pas si on aura des compétitions en fin de saison mais il faut se préparer à toutes les éventualités. Et puis, quand on est sportif on a besoin de se défouler un peu. 

Vit-on le confinement différemment lorsqu’on pratique un sport collectif ? 

C’est quand même assez difficile parce qu’on est un groupe soudé et qu’on à l’habitude d’être ensemble au quotidien. Ça fait bizarre de travailler chacune de notre côté et de ne pas nager ensemble. D’autant qu’on ne sait pas quand on pourra de nouveau se retrouver. 

Qu’est-ce qui a été mis en place pour maintenir cette cohésion de groupe ? 

On discute beaucoup de tous les sujets actuels. On a aussi un groupe sur lequel on partage des sources artistiques. Ça permet de partager et de mieux se connaître. Pour les séances de souplesse, c’est une fille qui fait le contenu de séance et ça nous permet de découvrir des nouveaux exercices. On fait ces séances ensemble en visio pour continuer à partager des moments de cohésion. 

Marie Annequin me disait que ce confinement pourrait être bénéfique aux plus jeunes pour gagner en autonomie. Qu’en penses-tu ?

Être capable de proposer des séances de souplesse structurées avec un début, une fin et une articulation cohérente permet ce genre de choses. Et puis on se gère chacune de notre côté sans avoir d’horaires fixes. Par exemple, chez nous, tout le monde pratique le télétravail. On ne peut donc pas se retrouver en plein milieu du salon à faire notre séance de PPG quand ils sont en réunions ou ce genre de chose. On organise notre emploi du temps et je pense que ça peut aider tout le monde à mieux s’organiser. 

Recueilli par J. C. 

 

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