Ugo Didier, une tête et des jambes pas comme les autres | Fédération Française de Natation
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Vendredi 3 Septembre 2021 - 10:30

Double médaillé pour ses premiers Jeux paralympiques (l’argent sur 400 m nage libre et le bronze sur 200 m 4 nages), le Toulousain (20 ans, le 11 septembre) a éclaboussé la piscine tokyoïte de son talent sur les quatre nages. Elève ingénieur, le licencié du cercle des nageurs de Cugnaux prend fermement date pour les Jeux de Paris 2024.

A sept ans, Ugo Didier a déjà repoussé l’idée du fauteuil roulant et fait ses premiers pas dans l’eau : « Je suis né avec des pieds bots, avec des muscles atrophiés et sans mollets. Résultats ? Je ne peux pas marcher et rester debout longtemps, pas courir, pas sauter, pas faire d’efforts brutaux, pas jouer au foot. En fait, mes jambes donnent toujours l’impression qu’elles vont casser. Donc si je voulais faire du sport, il me restait la natation. A l’époque, je ne savais pas ce qu’était le handisport. Quand je l’ai su, grâce à une copine de colo, je pensais que c’était seulement pour les amputés et les fauteuils ». Neuf ans plus tard, même si ses guiboles allumettes le handicapent pour les battements « à savamment doser » virages, coulées et gainage dans l’eau, Ugo Didier commence à se faire un nom dans le dos (« nage naturelle pour moi »). Champion du monde sur 100 m dos dans sa catégorie dédiée « S9 » en 2017. A seize ans, il obtient aussi son bac scientifique avec la mention TB. Depuis, le Toulousain ne cesse de justifier l’estampille de « surdoué » relayée par la presse : champion d’Europe en 2018, puis vice-champion du monde en 2019 !

(Photo : Sophie Greuil).

Rapidement, il s’applique à dégonfler l’appellation : « Autant pour les études, j’ai des facilités, mais pour la natation, j’ai beaucoup bossé. A l’arrivée, je vis des expériences de fou, des émotions montantes et descendantes incroyables ». Finaliste aux Jeux en 2008 et 2012 dans la même catégorie de handicap, Samir El Gueddari le croque ainsi : « Ugo met de la finesse et de la détermination dans tout ce qu’il fait que ce soit dans l’eau ou hors de l’eau. En équipe de France, avec sa gentillesse et ses blagues, son apport humain est très important. Dans l’eau, il est naturellement très aquatique. Il sait aussi se remettre dans sa bulle entre chaque course. Dès ses premiers championnats du monde en 2017, il avait été bluffant de maturité. En fait, à tous les niveaux, c’est l’intelligence tout court ».

(Photo : Sophie Greuil).

Surnommé « Sans mollets » par ces potes de l’équipe de France, Ugo Didier se fait un nom sans choper la grosse tête. A quelques semaines de sa première participation paralympique, les championnats d’Europe le mettent en orbite pour Tokyo avec l’or sur 200 m 4 nages accompagné par trois médailles d’argent (100 m, 400 m et 100 m dos). Attendu pour ses premiers Jeux paralympiques, l’élève ingénieur de l’Institut des sciences appliquées de Toulouse, hésitant entre « génie mécanique et biologique », répond présent le premier jour de compétition avec une médaille d’argent surélevé d’un record personnel, record de France et d’Europe sur 400 m nage libre (4’11’’33) : « J’aime la bagarre pendant cette course. Elle me pousse et m’aide à me dépasser », livre-t-il à l’issue de son podium.

(Photo : Sophie Greuil).

Après sa déception d’une quatrième place sur 100 m dos (« une course que je me vois mal abandonner un jour »), le vice-champion paralympique fond le bronze sur 200 m 4 nages conclue par un dernier vingt-cinq mètres de folie. A quelques heures de retrouver la France et de sabler ses vingt ans, Ugo Didier s’applique toujours et encore à garder les pieds sur terre : « Au-delà de mes médailles, j’aimerai surtout que mon expérience serve à booster les jeunes atteints de handicap dont la grande majorité ne fait pas de sport. Ils ne doivent pas hésiter à se lancer sans jamais considérer leur handicap, quel qu’il soit, comme une faiblesse. Une fois lancé, ils trouveront le chemin d’en faire une force ». A son retour, le vice-champion paralympique, natif de l’Ile-de-France, devra, sans doute, aussi faire des choix de clubs (Cugnaux ou les Dauphins du TOEC) et de distances en vue de se lancer au mieux vers Paris…

Sophie Greuil

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