« On n’a pas le droit de se plaindre » | Fédération Française de Natation
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Mercredi 8 Avril 2020 - 09:30

Atteinte de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, l’Angevine Claire Supiot, présente en 1988 à Séoul sur le 200 m papillon, rêvait de devenir la première athlète à participer aux Jeux olympiques et aux Jeux paralympiques. Le report des JO de Tokyo en 2021 n’a pas altéré le moins du monde sa motivation. Bien au contraire.

Où en étais-tu de la procédure de qualification pour les Paralympiques avant l’épidémie de COVID-19 ?

C’était plutôt bien engagé ! Si je n’étais pas dans la première liste de qualifiés validée fin janvier et qui concernait les nageurs ayant obtenu au moins une médaille d’argent aux derniers championnats du monde (1), j’avais répondu au deuxième critère de sélection, à savoir montrer une progression durant la saison écoulée, avoir participé aux championnats de France hiver Elite et surtout figurer dans le Top 4 mondial au 1er  janvier 2020 dans une épreuve du programme paralympiques. Ce qui était mon cas cas sur 50 (3ème) et 400 m nage libre (4ème) !

Tu es donc proposable à la sélection ?

La Fédération vient en tout cas de confirmer par la voix du Directeur technique national que les points 1 et 2 sur les chemins de sélection pour les Jeux paralympiques restent inchangés. J’attends donc maintenant la validation par le Comité paralympique de sélection.

(D. R.)

En attendant cette validation, les Paralympiques de Tokyo ont été reportés du 24 août au 5 septembre 2021. Comment as-tu pris cette annonce ?

Assez sereinement puisque je m’y attendais évidemment et que je faisais confiance au CIO pour ne pas mettre en danger les athlètes. Dès que j’ai appris la nouvelle, j’ai appelé l’équipe qui m’accompagne au quotidien : entraîneurs, préparateurs mental et physique, partenaires, pour leur demander s’ils étaient prêts à continuer un an de plus et leurs réponses positives m’ont mis du baume au cœur. On s’est tous mis au travail tout de suite, par visios, par messages.

 

Mais un an de plus de préparation, quand on était si proche du but, est-ce que ce n’est pas difficile moralement et physiquement ? Surtout quand on a 52 ans…

J’ai choisi de voir le positif. Je sais pourquoi je m’entraîne. Parce que je sais que continuer à bouger, c’est bon pour ma santé et parce que je veux performer aux Jeux paralympiques. Tout ce que je fais depuis le début du confinement, c’est dans l’idée de mieux préparer la sortie. Je me dis même que j’ai gagné un an pour être encore mieux prête. Je me dis aussi que nous, athlètes, on n’a pas le droit de se plaindre du report des Jeux quand on voit tous ces gens autour de nous qui combattent la maladie, qui vont au front tous les jours sans baisser les bras. Ils nous montrent le chemin ! D’ailleurs si j’ai une médaille en 2021, elle sera pour moi et mes proches bien sûr, mais elle sera aussi pour eux.

(D. R.)

Et par rapport à l’évolution de votre maladie qui, rappelons-le, est une maladie neuromusculaire dégénérative ?

Ma maladie évolue certes, mais je ne peux pas quantifier la façon dont elle évolue. Si mes muscles réagissent moins vite au fil du temps, je sais par contre qu’en m’entraînant je leur apporte ce dont ils ont besoin et que j’améliore ma condition physique, au plan respiratoire et cardiaque en particulier. Pour donner une image, je dirais que la grosse pompe fonctionne bien et que l’unité centrale tourne à plein régime.

Et comment vis-tu le confinement et l’arrêt de la natation ?

Je n’ai pas nagé pendant 28 ans, alors six semaines d’arrêt, ce n’est rien ! D’autant que mes journées sont super bien rythmées, puisque je continue à être athlète de haut niveau et référente handicap pour le Conseil départemental du Maine-et-Loire qui m’a autorisé le télétravail. La seule différence par rapport à avant, c’est l’heure du réveil. Je me lève à 7h30, au lieu de 5h20 habituellement quand je m’entraîne à 6h30 à la piscine Jean-Bouin. Je fais une première séance avant de mettre au travail. Puis une deuxième vers 16h30-17h. Evidemment, c’est essentiellement du travail de PPG avec des exercices de gainage, d’abdos. Grâce au Team Angers Sport, j’ai pu également récupérer du matériel, un SkiErg, une sorte de rameur debout, et un chariot-nageur que je peux utiliser avec élastiques et plaquettes. Donc tout va bien. Je suis en pleine forme.

Recueilli par Jean-Pierre Chafes

(1) Laurent Chardard, Ugo Didier, Alex Portal. Claire Supiot avait terminé 3ème sur 50 et 100 mètres nage libre.

Le saviez-vous ?

Pour la première fois il y aura une épreuve de duo mixte en natation synchronisée aux championnats du Monde 2015
Jean Boiteux a remporté le premier titre olympique de la natation française aux Jeux d’Helsinki de 1952  avec 400 m nage libre en 4’30’’07
Environ, 6 400 bassins existent en France, 650 bassins sont certifiés FFN
Le plongeon tricolore n’a ramené qu’une médaille olympique. C’était Mady Moreau en 1952 à Helsinki, qui a terminé deuxième du tremplin à 3 m
L’eau libre a fait son apparition aux J.O. en 2008. Seul le 10 km figure, au programme de la plus grande compétition planétaire
Les championnats du monde de Barcelone en 2013 sont les premiers à avoir accueilli des épreuves de High Diving
Le water-polo a été le premier sport collectif français champion olympique à Paris en 1924. Les Bleus ont battu la Belgique en finale (3-0).
12,7 millions de français pratiquent la natation en loisir
Le plongeon a intégré le programme olympique dès les Jeux Saint-Louis en 1904
Les relais mixtes apparaissent pour la 1ère fois en compétition officielle lors des champ. d’Europe de Chartres en petit bassin (2012)
Les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 sont les premiers depuis Munich en 1972 à se dérouler sans aucun boycott.
Les premiers championnats du monde de natation se sont disputés en 1973 à Belgrade
La FINA inaugure les épreuves des duos mixtes en natation synchronisée lors des championnats du monde de 2015 à Kazan.

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